C'est quand qu'on va où ?
Une pièce de presque Renaud
C'EST QUAND QU'ON VA OU ? est une pièce de théâtre écrite uniquement avec les paroles de Renaud.
Sur scène deux comédiennes, deux comédiens et un accordéon donnent vie aux héros du petit monde du "chanteur énervant".
Une fable sociologique qui réveille tout à la fois la nostalgie des anciens et la révolte des plus jeunes.
PROCHAINES DATES 31 mars 2009 à Rennes
"C’est quand qu’on va où ? La question est posée et bien posée !
C’est quand ? C’est là, tout de suite.
La lumière surgit sur l’univers de Renaud, la rue, les HLM et ces personnages humains, vrais, touchants avec leur tonne de questions, parfois lourdes, parfois légères mais jamais inutiles…
Ils nous interpellent pour nous embarquer dans un tourbillon de sentiments. Le sentiment d’être vivant dans une société qui souffre, qui gémit et espère !
Alors on s’arrête au bistrot du coin, on y retrouve Gérard Lambert et sa mob, Slimane amoureux sans oublier une petite mousse qui ne fait pas d’mal !
Ce spectacle, c’est un hommage à Renaud, poète des temps modernes qui à travers ces textes démontre finalement que le monde tourne sans jamais vraiment trouver les réponses à ces questions !
C’est quand qu’on va où ? pointe du doigt la fragilité, la cruauté de la société et ceux qui la font.
Ca sent la poésie urbaine à plein nez…"
Igor Potoczny
Avec le soutien de :
contact pour ce spectacle : nicolas.beauvillain@wanadoo.fr
POUR EN SAVOIR UN PEU PLUS
NOTE D'ECRITURE
Le texte de C’est quand qu’on va où ? est écrit uniquement avec les paroles des chansons de Renaud.
Après la réflexion autour de la chanson « les Charognards » (qui décrit une scène de bavure policière) qu’une scène de vie ordinaire peut se transmettre sur une scène de théâtre, nous nous sommes replongés dans les textes de Renaud pour savoir ce qu’ils pouvaient nous offrir.
Plusieurs méthodes de travail se sont succédées avant d’arriver au texte joué aujourd’hui. L’œuvre de Renaud nous laissait quand même entrevoir la possibilité de s’ouvrir pour une pièce de théâtre. En effet, outre notre intérêt pour le chanteur et ses thématiques récurrentes, son écriture intelligente (loin des soupes actuelles) et les diverses formes qu’elle prend donne matière à la théâtralité : portraits de personnages, scènes de vie, descriptions de lieux, messages universels…
Nous souhaitions garder l’univers de Renaud. La richesse de ses chansons, tant par leur nombre que par leur qualité et leur diversité, nous a permis d’y rester fidèle.
Certains thèmes, certaines atmosphères durent être (péniblement) écartés pour aller à l’essentiel de ce que nous voulions retransmettre.
Les personnages principaux sont alors apparus de fait pour porter ces idées. Mais alors que Renaud dresse en quatre minutes le portrait fini d’un personnage, le théâtre demandait de leur trouver une autre profondeur. Nous leur avons donné du corps en étayant leur propos grâce à des chansons qui ne les mettent pas en scène mais dont les héros leurs sont proches.
Nous aurions pu faire le choix d’un texte sous forme de succession de tableaux. Mais nous voulions une continuité dialoguée. A la manière de la trilogie de Lucas Belvaux, une même scène sert à plusieurs héros dont les histoires personnelles s’imbriquent pour n’en faire qu’une seule.
Les personnages secondaires ont intégré les scènes existantes dans une deuxième phase tout en « demandant » leurs propres moments. Ils nous ont offert la possibilité de nouveaux temps, moins sérieux, plus absurdes et décalés tels qu’ils en existent dans l’univers renaudien.
Cela a permis de lier l’ensemble en aérant la pièce et donc d’en renforcer les moments intenses.
Fidèles à l’exercice de style utilisant parfois une chanson en entier parfois juste un ver, nous n’avons jamais cédé à nous servir d’autres morceaux de texte que ceux des chansons de Renaud, ni même changé un masculin en féminin, un passé au présent etc. La seule exception est la répétition d’un prénom devant certaines répliques pour renforcer la théâtralité et la compréhension de l’histoire.
Une autre difficulté venait du fait que Renaud fait dire « je » à ses héros (souvent les petites gens) mais toujours « ils » aux destinataires de ses colères et ses foudres.
Il a donc fallu inventer un personnage, jamais nommé, stéréotypé et porteur des antagonismes de nos héros afin de ne pas écrire une pièce linéaire et une histoire sans contrepoids.
Même si l’ambiance qui résultait dès les premières versions affichait un coté « Paris, année 80 », nous avons délibérément écarté toutes indications précises de temps et de lieux. D’abord pour garder une atemporalité et donc une actualité aux propos mais aussi de permettre l’identification des spectateurs aux personnages. Reste le jour, la nuit, le temps qui passe dans la rue, l’appartement ou le bistrot, ponctué par des scènes plus oniriques.
Si tout ce qui se dit vient des chansons de Renaud, quelques didascalies étaient néanmoins nécessaires dès l’écriture afin de faciliter la compréhension à la lecture.
Nous étions les seuls de l’équipe artistique à connaître parfaitement l’œuvre de Renaud. Néanmoins, le texte final a été accueilli tel un texte d’auteur.
Lors des répétitions et du travail sur plateau, les remarques de certains membres de l’équipe, néophytes de l’univers du « chanteur énervant », nous ont poussé à un retour ponctuel sur l’écriture pour rendre la pièce encore plus accessible à tous. Certains choix de dramaturgie et de mise en scène ont même demandé la suppression de certaines scènes.
Après plus de deux ans de travail d’écriture via un exercice de style inédit au théâtre, C’est quand qu’on va où ? est devenu une fable sociologique plongée dans l’univers de « celui qui a fait le boulot de Verlaine avec les mots du bistrot ».
Nicolas BEAUVILLAIN et Sébastien COUTANT
NOTE DE MISE EN SCENE
PARLER LES MOTS DE RENAUD
Pour travailler ce texte sur le plateau il a fallu non seulement l’aborder telle une pièce d’auteur mais également éviter les pièges que les extraits de chanson pouvaient tendre.
Il était nécessaire de casser les rimes par la diction pour oublier et faire oublier les airs et le sens premier des vers.
Le jeu d’acteur a donné du relief aux mots, permettant d’élargir une pensée ou de découvrir une nouvelle idée.
La difficulté du texte résidait dans le fait de s’approprier les mots de Renaud pour le compte de son personnage.
PERSONNAGES MULTIPLES POUR QUATRE ACTEURS
La plupart des personnages créer par Renaud existe dans l’imaginaire de son public. Comment éviter de réduire un « Gérard Lambert » ou un « Willy Brouillard » au seul corps d’un comédien ?
L’idée commune était de travailler la manipulation d’objets permettant à plusieurs acteurs de faire exister le même personnage.
Quelques éléments de costume, de décor ou de morceaux d’accordéon font vivre « Germaine », « Slimane » et autre « Michel »…
La vie de chaque personnage a du être inventée au delà de la chanson qui le présente afin de lui donner un état, des moteurs d’action, une relation à l’autre.
Le tout a été étoffé par l’énergie corporelle et surtout par le travail de justesse des émotions que ce soit dans le drame ou dans le burlesque.
PRECISION DE L’ESPACE DE JEU
Avec de tels registres de jeu différents, des rôles multiples et un texte particulier; l’espace scénique devait être précis pour que le spectateur y prenne des repères.
A chaque personnage principal correspond un espace particulier que l’acteur investi par un changement à vu.
« L’espace rue » est le lien entre ces différents endroits où se croisent les protagonistes de l’histoire ; où les comédiens s’échangent leur rôle.
La rigueur des déplacements a permis la simultanéité des actions et une dynamique d’enchaînement.
L’éclairage présent sur scène de manière réaliste renforce l’ambiance de chacun des lieux et offre sur un même plateau les différents univers présent dans l’œuvre de Renaud.
Chloé MARTIN
FESTIVAL D'AVIGNON 2006
En juillet 2006, "C'est quand qu'on va où?" était présent au Festival Off d'Avignon 2006 au Théâtre des Lucioles. Une expérience très riche pour l'équipe et le spectacle et l'occasion de rencontrer Renaud. Nous remercions toutes les personnes qui ont contribuées à ce projet.

Par Aline et Compagnie, lundi 23 mars 2009 à 19:48 - Les créations Théâtrales - #3 - rss


En savoir plus sur cet article ? Une question ?
Les commentaires pour ce billet sont fermés.
Commentaires | votre avis
1. Le vendredi 9 mars 2007 à 01:19, par Marc HEMERET
2. Le lundi 14 janvier 2008 à 13:18, par vanes